"Les communautés marronnes sont, par excellence, celles qui se trouvent à l'intérieur de la forêt du Surinam, une ancienne colonie hollandaise située (de l'autre côté du fleuve Maroni). Les marrons du Surinam ont longtemps constitué la population marronne la plus importante de l'hémisphère, représentant un élément extrême dans l'ensemble des adaptations culturelles réalisées par les Afro-Américain dans le nouveau Monde.

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Entre le milieu du XVIIème et la fin du XVIIIème siècle, les ancêtres des Marrons actuels s'échappèrent des plantations de la côte où ils étaient en esclavage -souvent peu après leur arrivée d'Afrique- et s'enfuirent dans l'intérieur forestier du pays où ils se regroupèrent en petite communautés. Leurs difficultés à reconstruire une existence dans un environnement nouveau et inhospitalier furent aggravés par les efforts intenses et continus du gouvernement colonial pour éliminer cette menace pour la colonie des planteurs." 

De nos jours, il existe en Guyane, plusieurs peuples marrons, les Bonis, les Saramacas, les Ndyukas, les Alukus. "Dès les toutes premières années dans la forêt, ils ont travaillés le bois. A l'aide de haches, coutelas, couteaux et autres outils importés de la côte, les hommes ont construit des maisons et des canots, fabriqué des objets tels que mortiers et tabourets, mais tout porte à croire qu'il n'existait pas au départ, de décoration ou qu'elles étaient d'une extrême pauvreté. Durant le siècle et demi passé, elle a connu un épanouissement et une évolution stylistique remarquable."


                            Tabourets et sièges

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                                                      Calebasses sculptées

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                                                 Portes et plats

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                                                Objets usuels

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L'art en tissu

Tout au long de sa vie, le tissu accompagne l'homme Marron. "Tel foulard a été réalisé par sa mère, telle cape a été cousue par une épouse, telle autre date de son intronisation an tant que chef et ainsi de suite."

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"C'est dans un contexte d'ouverture croissante aux influences occidentales,.., de mutations profondes de la démographie des villages,..., et d'accroissement considérable des ressources matérielles,..., que les marrons ont commencé à explorer, comme jamais ils ne l'avaient fait auparavant, les potentialités artistiques du vêtement. Les capes d'hommes portées sur les épaules sont devenues un éléments de l'habillement de tous les jours et ont permis aux femmes d'exprimer à la fois leur attachement à un époux ou à un amant et leurs talents artistiques."

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"A la toute fin du XIXème siècle, les femmes ont commencé à prendre conscience des possibilités offertes par la technique de l'assemblage en vue d'obtenir un effet visuel, transformant une simple pratique de couture en un art confirmé."

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"A la fin des années soixante-dix, il semblait bien que les arts textiles marrons fussent sur le point de disparaître. Les motifs brodés et imbriqués, les magnifiques appliqués et les patchworks aux couleurs éclatantes avaient été remplacés par des modèles copiés dans des magazines de couture...... Une dizaine d'années plus tard, on a pu constaté qu'un autre art soulevait la même vague d'enthousiasme qui avait accompagné tous les styles précédents. Elaborée à partir de découpage décoratifs de tissus, cette technique a pris le nom d'"abena kamisa", applique d'un rectangle sur un kalimbé."

"Reléguant à l'arrière plan le tissu madras qui avait donné aux bandes étroites leur structure colorée, et évitant l'épaisse toile qui avait fourni un support aux compositions au point de croix, les nouvelles compositions étaient réalisées en tissu fin et monochrome, le plus souvent rouge, blanc et noir ou bleu marine. Quelques appliqués étaient établis à partir de rectangles ou de triangles et d'autres des motifs curvilignes réalisés comme de l'appliqué à l'envers cousus  au point avant puis recouverts d'une ligne brodée décorative. "

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"Texte" et photos (exceptées la première et la dernière) extrait du magnifique livre de Sally et Richard PRICE, anthropolgues américains de renommée mondiale, spécialistes des sociétés marronnes qui nous offrent une recherche exceptionnelle et fondamentale, inégalée dans l'histoire et l'anthropologie de l'art.

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