C'est mon dernier voyage en pays amérindien. Il me faut trouver une pirogue qui va jusqu'à ce village du bout du monde humain. Il y a quelques jours, j'ai rencontré Chantal, l'instit de Pilima, venue faire des courses à Maripa, en profitant d'un déplacement autochtone. Par chance, au dégrad, je trouve l'amérindien qui l'avait amené et il me propose de m'emmener jusqu'au village. Tarif demandé : 30 euros, pas cher !!!!! La collègue instit avait du payer un prix exorbitant (8 fois plus) sous peine de rester coincée au village sans nourriture. J'interroge le jeune sur la raison de cette différence et il me répond que le prix n'est pas le même si c'est lui qui propose d'emmener ou si on lui demande. Bon, c'est un raisonnement amérindien qui a sa logique améridienne. Mais en discutant avec les enseignants, je me suis aperçue qu'ils étaient quelques fois en quelque sorte "racquettés" par certains habitants. "Tu payes le tarif au prix fort ou tu restes coincé dans le village sans rien." Bien sur, ce n'est dit aussi explicitement, les amérindiens sont plus subtils. Et comment ne pas céder ? Pas d'autres moyens de partir, l'unique taxi pirogue fonctionne 2 fois par semaine et s'arrête à jusqu'à Elahé.

La psychologue scolaire a donc eu de la chance et la voici arrivée à Pilima, après un voyage sans fin. Départ Maripa dans un pirogue chargée et remplie par toute la famille, arrêt prolongé chez le chinois d'en face (bière à volonté), arrêt dans un autre bar improbable sur la rive de nulle part, (rebières et autre..), accostage en plein fleuve d'une pirogue ami et partage de bouteille de rhum, arrêt dans un petit village pour voir la famille et distribuer quelques bouteilles de coca-cola aux enfants (et oui, jusque là!!!!! dès qu'ils marchent les enfants sont habitués au sucré, ce qui n'est pas dans leurs habitudes ancestrales), pas étonnant que beaucoup deviennent obèses plus tard (ceux qui sont en zone urbanisées, pas dans les villages), arrêt dans un village pour débarquer  un des amérindiens embarqués sur la pirogues et ses  provisions, et enfin arrivée à Pilima. Ouf !!! Mais en pays amérindiens, calme, patiente, sourire. Merci à vous......

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En forêt, le bois ne manque pas, il suffit de se servir.....

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Après le village, plus d'êtres humains, du moins pour l'Etat français, qui s'obstine à ignorer les innombrables orpailleurs qui sévissent ici. Sur ka rive d'en face, le Surinam.

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Ils viennent en groupe et en bottes de caoutchouc acheter les acoupas pêchés dans le fleuve.

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Chacun y trouve son compte....

Merci Chantal pour l'accueil si sympa. Il en faut du courage et de la motivation pour rester ces années dans cet éloignement extrême.