Départ Saint Laurent du Maroni pour les îles !!!!!

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Environ une heure de traversée, une magnifique mer, et nous voilà déjà arrivés aux îles du Salut, attendus impatiemment !!!!

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"Les îles du Salut occupent le devant de la scène dans l'histoire du bagne de Guyane. Elles ont été le premier lieu d'accueil des forçats en 1852, leur dernier lieu de regroupement avant leur départ définitif de la "terre de la grande punition" après 1946. Cependant, les îles ne furent que l'un des éléments du grand dessein de colonisation pénitencière qui englobait la Guyane dans son ensemble."

                                          

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                                     Un sentier caillouteux mène au coeur de l'île.

L'église, décorée par Francis Lagrange (1938-1940), célèbre faussaire,à la demande du préfet apostolique de Guyane.

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A côté de l'église, les vestiges de la "maison des soeurs", qui abritait les religieuses de l'ordre de saint Paul de Chartres, qui avaient en charge les hôpitaux du bagne. Le couvent servait également d'hôpital et de maternité aux femmes de surveillants.

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L'hôpital réservé au personnel libre (hôpital militaire) était nettement séparé de celui des condamnés. L'intérieur était divisé en grandes salles réservées aux différentes catégories de personnel : officiers, sous-officiers, surveillants. On remarque sur les murs des pièces qui fut la pharmacie et le cabinet médical quelques scènes peintes dont on ignore l'auteur qui évoquent avec humour la vie à l'hôpital.

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A l'ouest de l'hôpital militaire se trouve un petit cimetière créé dès 1852. Faute de place et compte tenu de la forte mortalité, il a été rapidement réservé aux enfants des surveillants.

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Les bagnards décédés sur l'île, n'avaient aucun droit à une sépulture. Leur corps cousu dans un linceul et lesté, était chargé sur une chaloupe et immergé au large de l'île Royale.

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La "piscine des bagnards" est un bassin rectangulaire délimité par une digue de rochers que la marée haute remplit. Il a été construit par crainte des requins pour permettre aux bagnards de se baigner.

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Un peu plus loin sur la côte Nord, nous trouvons un vaste bâtiment en ruine à la façade soignée qui abritait l'atelier des travaux, où était stocké le matériel. Dans l'atelier des métaux, les bagnards travaillaient le fer.

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L'asile d'aliénés, d'abord caserne pour l'infanterie de marine, puis dévolu en 1879, aux condamnés qui ne jouissent pas de toutes leurs facultés mentales. Ceux-ci étaient enfermés dans des cellules voutées éclairées par une lucarne haute. Il fut agrandi en 1904.

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A l'ouest du quartier militaire, se trouve un vaste réservoir destiné à recevoir les eaux des pluies drainées par des caniveaux et désignés comme "la mare". Dans son état actuel, "la mare" peut contenir 5000m3d'eau, mais elle est rarement pleine.

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En face, sur l'île Saint Joseph, fut construit entre 1896 et 1906, le camps de la réclusion qui devint le lieu d'enfermement le plus redouté des bagnes de Guyane. En 1938, 71 réclusionnaires (dont 12 à l'hôpital) étaient enfermés à saint Joseph, la plupart condamnée à cette peine inhumaine pour tentative d'évasion sans atteinte à autrui.

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               L'île du Diable, dont il était pratiquement impossible de s'échapper, était réservée aux détenus que l'on voulait isoler. Après Dreyfus, l'île accueillit les condamnés coupables d'intelligence avec l'ennemi ou d' "excitation à la guerre civile", les espions pro-allemands et les nationalistes africains ou indochinois.

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Un mémoire sur la transportation aux îles du Salut, établi en 1864, estime qu'elles sont un lieu idéal pour le bagne : "salubrité, facilité pour le débarquement du personnel et d'un matériel important, et enfin isolement complet des transportés leur enlevant les chances d'évasion ou de communication facile avec les autres points de la colonie."
En effet, on ne s'évadait pas des îles du salut. La "belle", le rêve de tous les bagnards, tentée bien souvent, aboutissait ici presque irrémédiablement à l'échec, en raison des courants, des requins, de la dérive trop longue en mer. Les fugitifs étaient repris ou portés disparus.

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L'isolement insulaire explique que malgré la salubrité du climat, ce soit aux îles que l'on ait emprisonné les plus grands criminels. Un rapport de 1853 précisait que l'île royale deviendrait un "lieu de répression et de punition, une sorte debagne dans lequel on maintiendra que les sujets incorrigibles dont la présence dans les colonies de la Grande Terre serait une cause de désordre ou de danger. " Albert Londres le rappelait en 1923 " on interne aux îles les sujets à surveiller, les coupables de plusieurs évasions, les fortes têtes, les meneurs."

Tous les visiteurs du bagne furent frappés par le paradoxe entre la beauté du site et l'usage qui en était fait. La journaliste Gault Mac Gowan écrivait en 1932 " c'est le crime enchâssé dans un paradis."

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"Texte" extrait du livre "Les îles du Salut"     Itinéraires du patrimoine Edition Ibis Rouge